Conférence Citoyenneté et démocratie en Amérique latine

La Chaire Nycole-Turmel sur les espaces publics et les innovations politiques de l’UQAM, vous invite à une conférence publique de  Candido Grzybowski, philosophe et sociologue, directeur de l’Institut brésilien d’analyses sociales et économiques (Ibase), membre actif du Conseil international du Forum social mondial et auteur de nombreux ouvrages sur les mouvements sociaux, la société civile, la démocratie et la mondialisation.
Le 5 décembre à partir de 18h30, au Studio-théâtre Alfred-Laliberté (UQAM, Pavillon Judith-Jasmin – local J-M400 (niveau Métro) Métro Berri-UQAM). Entrée gratuite!

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Pour information : www.turmel.uqam.ca / 514 987-3000 #1676

FSP 2014 et FSM-QC 2015 ? Vous vous interrogez sur le lien à construire entre ces deux initiatives ?

Suite à la réunion de la Commission expansion Québec du Forum Social des Peuples, nous souhaitions vous convier à une rencontre visant à renforcer le dialogue et les liens entre le FSP et l’Initiative qui présentera la candidature du Québec pour le prochain Forum Social Mondial 2015.

Celle-ci aura lieu le lundi 11 novembre, de 18h à 20h. Nous avons réservé une salle à l’UQAM (Pavillon Aquin, 400, Ste-Catherine Est) 2ème étage, salle A-2780.

Nous profiterons de cette séance publique pour présenter de l’état d’avancement de nos travaux.

Quelques perspectives du collectif facilitation-mobilisation du FSM-QC se trouvent détaillées dans la section. FAQ de ce blog. Ci-dessous un extrait.

3. La tenue du FSM au Québec en 2015 va-t-elle nuire aux Forum social des peuples (FSP) en préparation pour août 2014 ?

Plusieurs organisations de la société civile québécoise sont actuellement engagées dans une démarche de mobilisation autour de l’organisation du Forum social des peuples (Québec-Canada-Premières Nations) qui doit se tenir au mois d’août 2014 à Ottawa. Dans un tel contexte, plusieurs ont exprimé leurs craintes quant à l’organisation d’un FSM au Québec en 2015, car cela diviserait les énergies et les ressources, et ainsi nuirait au FSP de 2014.

De notre point de vue, ces événements ne s’opposent pas, au contraire ils sont complémentaires. Ces événements ont le même but : permettre aux forces progressistes de notre société de se rassembler pour construire ensemble un monde meilleur. Ils permettront, à un an d’intervalle, de mobiliser toujours plus de monde, en des lieux différents et sur des thèmes divers, pour susciter la prise de conscience et promouvoir l’engagement social. Car les Forums sociaux ne sont pas une finalité en soi, ils sont un moyen dans la lutte que nous avons à mener collectivement pour construire un monde plus juste, plus solidaire et plus durable. Au-delà de l’événement en soi, les Forums sociaux s’inscrivent dans un processus plus large de transformation sociale. Ils sont des moments de rencontre entre les forces progressistes de la société pour construire ensemble des stratégies d’action communes. Ils permettent aux mouvements sociaux plus institutionnalisés et aux organisations déjà établies de découvrir les nouvelles formes d’engagement et de militantisme portées par les groupes émergents, de faire le lien avec des individus porteurs d’initiatives fécondes de changement. Ils permettent aussi à une très grande majorité de gens, indignés par la situation actuelle mais pas encore engagés, de passer à l’action en joignant des groupes existants. Les Forums sociaux permettent donc de se rassembler, de prendre conscience que nous sommes nombreux à souhaiter le changement et ainsi d’entretenir l’espoir et de donner la force de passer à l’action. Nous croyons en la force de la solidarité et en la capacité des Forums sociaux de combattre l’apathie en donnant aux gens de bonne volonté une opportunité réelle d’engagement. Dans cette perspective, plus les Forums sociaux se multiplient, plus ils se nourrissent les uns les autres, plus grande sera la vague porteuse de changement. Il faut sortir de la logique de concurrence qu’on nous impose et qui mine la solidarité pourtant si nécessaire dans le contexte actuel où les organisations progressistes de la société civile subissent de toutes part les assauts des forces conservatrices. L’union fait la force et en multipliant les moments de rassemblement, on stimule cette nouvelle culture politique fondée sur des espaces de solidarité.

Ainsi, de notre point de vue, le FSP2014 et le FSM2015 ne diviseront pas la société civile, bien au contraire, ils la renforceront et lui permettront de prendre de plus en plus de force pour peser encore plus sur la vie politique canadienne et québécoise et provoquer le changement. En organisant un forum social pan-canadien à l’été 2014 puis, un an plus tard, un Forum social mondial, deux mois avant les élections fédérales, le momentum nous semble excellent et la séquence des événements parfaite pour permettre à la société civile canadienne et québécoise de construire un rapport de force favorable pour contrer le pouvoir conservateur. D’ailleurs, c’est aussi le pari des mouvements sociaux indiens qui viennent d’annoncer leur candidature pour eux aussi accueillir le FSM en 2015. Leur proposition est d’organiser un Forum social indien/asiatique en janvier/février 2014, et ensuite d’accueillir le FSM un an plus tard.

Dans cette perspective, il nous apparaît fondamental :

  • D’appuyer, promouvoir et participer activement au Forum social des peuples en août 2014 à Ottawa.
  • De promouvoir et participer activement et à distance à tous les autres Forums sociaux qui sont organisés à travers le monde et qui ont lancé des appels à une participation étendue via le web (nous travaillons déjà à l’organisation d’activités durant le prochain en date, qui sera le Forum social irakien à la fin du mois de septembre 2013, celui-ci étant suivi par le Forum social togolais au début de l’année 2014).
  • De soutenir la candidature du Québec pour le FSM 2015 dans une approche polycentrique, c’est-à-dire dans une démarche ouverte et de complémentarité avec d’autres candidatures éventuelles (Inde, Maghreb, etc.) et de multiples événements parallèles à travers le monde (forum étendu, mouvance occupy, etc.).

 

4. La question de la dispersion des ressources : Disposons-nous des ressources suffisantes pour organiser plusieurs événements d’envergure en 2014 et 2015 ?

Réponse : Corollaire de la question précédente, elle a pour mérite de se focaliser sur la question concrète des ressources humaines et financières nécessaires à la tenue de ces événements. Pour y répondre adéquatement cependant, il faut avoir clarifié à l’avance à la fois la structure du processus organisationnel menant à l’événement, et la forme concrète que prendra l’événement. Or, à ce jour, nous ne disposons pas vraiment de l’information pour le faire. D’une part, nous ne connaissons pas le budget prévu pour le Forum social des peuples de 2014, ni sa structure de financement. D’autre part, nous sommes aux premières étapes du processus de rédaction de la candidature du Québec pour recevoir le FSM en 2015 et le budget n’est pas encore finalisé. Cependant, nous partageons certains principes qui vont nous guider dans l’élaboration de la candidature québécoise, et qui nous conduisent à penser que cette question de la rareté des ressources n’est pas un problème en soi.

Considérant que dans le monde d’aujourd’hui, l’argent est plus un problème qu’une solution, il nous semble fondamental que celui-ci ne figure pas le cœur de la réflexion sur la pertinence de notre projet. Bien au contraire, il nous faut être cohérent avec nos principes de solidarité, notre volonté de faire les choses autrement et surtout notre choix de placer l’humain au cœur de tout projet social et politique. Pour ce faire, nous ne partons pas de rien. Nous pouvons bâtir sur des acquis et nous inspirer de la manière dont le Forum social québécois a été construit et réalisé. Rappelons-nous que le FSQ, dans sa première édition à l’été 2007, a mobilisé 5000 participants durant 4 jours autour de près de 450 activités. Sur le plan organisationnel, le FSQ a été réalisé avec un budget de 300 000$, dont la moitié était en fait des dons en nature (offre de locaux, dégagement de ressources humaines par les organisations partenaires, prise en charge par les partenaires des frais de déplacement d’invités internationaux, dons de matériel promotionnel…) qui ont été ensuite chiffré pour être intégré au bilan financier final. Durant la phase active de l’événement, le FSQ a mobilisé plus de 300 bénévoles, et au cours du processus organisationnel qui s’est concentré sur 8 mois (janvier-août 2007), une soixantaine de personnes ont participé aux différents comités de travail sur une base entièrement bénévole, et l’ensemble du processus était coordonné et facilité par un secrétariat dont seulement 4 personnes ont été rémunérés durant quelques mois (pour des contrats allant de 9 à 4 mois).  

En nous inspirant de la riche expérience du FSQ, nous souhaitons construire la planification organisationnelle du FSM 2015 au Québec autour des principes suivants :

  • Au-delà de l’événement, le processus organisationnel d’un forum social est un moment fort de création de lien social et de construction d’alternatives. Il permet de mettre en commun des habilités et des volontés dans un engagement concret source d’épanouissement personnel et de construction en commun d’un projet collectif. Ce processus doit donc être ouvert et inclusif à toutes les étapes de la réalisation du projet, et être considéré comme partie intégrante du FSM 2015.
  • Pour limiter le pouvoir de l’argent, il faut miser sur l’apport humain et la force de l’implication bénévole des gens de bonne volonté qui souhaitent agir concrètement pour la transformation sociale. Il faut donc leur proposer une structure organisationnelle où ils aient une place qui corresponde à leur talent et leur disponibilité.
  • Il faut établir des relations partenariales avec les multiples organisations de la société civile qui, plutôt que de dégager des ressources financières, pourraient mobiliser leurs innombrables moyens (communication, mobilisation, structure d’accueil, événementiel, compétences diverses…) pour permettre la réalisation du FSM 2015, sans pour autant entrer dans des rapports monétaires.
  • Établir un échéancier de réalisation du projet qui permette à chaque organisation de planifier son engagement et sa contribution au processus du FSP et du FSM 2015. Dans tous les cas, il est d’ores et déjà clair que la phase active de préparation logistique de l’événement (celle qui mobilisera le plus de ressources) n’interviendra pas avant l’automne 2014, soit après la tenu du FSP.
  • S’inspirer des expériences issues des stratégies de mobilisation du Printemps québécois, de Occupy, de Idle No More, des réseaux anarchistes et d’autres groupes activistes, qui ont prouvé qu’il est possible de mobiliser des dizaines de milliers de personnes à des frais très réduits.

Conférence — « Panne globale, crise, austérité et résistance »

Les Éditions Écosociété, L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) et la Coop UQAM vous invitent à la conférence de David McNally, auteur de « Panne globale. Crise, austérité et résistance », à l’UQAM, Salle-Marie-Gérin-Lajoie, (Pavillon Judith Jasmin, métro Bérri-UQAM), le vendredi 1er novembre à partir de 19h.

S’éloignant des discours opaques et mystificateurs des économistes orthodoxes, McNally met en lumière les dynamiques d’une crise (2008) sonnant le glas de la période d’expansion néolibérale, et nous invite à réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour affronter la nouvelle ère d’austérité dans laquelle celle-ci nous a plongés.