Lettre ouverte au conseil international des FSM

Lettre tirée de notre document de candidature.

 

« Cela semble toujours impossible,
jusqu’à ce qu’on le fasse. »
Nelson Mandela (1918-2013)

Chers artisanEs d’un monde meilleur,

C’est avec un grand plaisir que nous vous soumettons cette candidature québécoise visant à contribuer au processus 2015 du Forum social mondial. Elle est le fruit d’un travail collaboratif de 7 mois qui nous a permis de beaucoup échanger, débattre, expliquer, convaincre, comprendre pour finalement construire un projet collectif qui nous semble d’une grande importance de le contexte actuel.

Nous sommes des enfants du Forum social mondial. La plupart d’entre-nous y avons découvert à la fois la face sombre de la mondialisation néolibérale, mais aussi la face de lumière de l’altermondialisme avec sa ferme conviction que le changement est possible, que nous le portons en nous et que nous le partageons dans nos élans solidaires et nos rencontres fraternelles. Nous y avons appris que l’union fait la force et qu’en mettant nos rêves en commun, ils deviennent réalité. Nous souhaitons désormais partager toute cette riche expérience et contribuer, à notre tour, à la dynamique mondiale des Forums sociaux et la nourrir, comme elle nous a nourrie.

Nous sommes inspirés par le désir de voir se multiplier les espaces qui font la promotion de l’horizontalité, la transparence et l’ouverture, les percevant comme des leviers pour un changement social visant le respect des individus, des peuples et de l’environnement. Nous sommes conscients des multiples défis qui entourent l’organisation d’un Forum Social Mondial au Québec, celui-ci visant à mobiliser plusieurs dizaines de milliers de personnes. Nous sommes aussi très enthousiastes à l’idée de voir la société civile québécoise dialoguer et se rapprocher à travers le processus du FSM, et croyons à la potentialité de l’apport des QuébécoisEs aux luttes mondiales pour la justice sociale et environnementale.

Nous pensons qu’il est désormais temps que les peuples du Nord sortent de leur confortable apathie et rejoignent le combat des peuples du Sud pour construire un monde différent. Car tel est l’un des buts avoués du FSM : stimuler les luttes locales et renforcer la convergence des organisations de la société civile du pays hôte pour insuffler un réel processus de transformation sociale. Depuis sa création, le FSM s’est majoritairement tenu en Amérique latine, et cela a coïncidé avec la vague d’élections de gouvernements de gauche dans cette région du monde. Il ne faut pas voir là un lien de cause à effet. Cependant, cela témoigne de la grande vitalité des mouvements sociaux et des organisations de la société civile du Sud de notre continent, et surtout de leur capacité réelle à influence le jeu politique et, finalement, les choix de société qui sont mis de l’avant.

Au regard des gouvernements conservateurs qui se multiplient en Europe et en Amérique du Nord, il est clair que la dynamique sociale est totalement différente chez nous. Ce qui nous amène à penser que sur le plan du progressisme social et politique, ainsi que de la force politique des mouvements sociaux et de la vitalité de notre société civile, nous sommes, en Amérique du Nord notamment, dramatiquement sous-développés. En somme, pour changer le monde, les mouvements sociaux du Nord ont aujourd’hui besoin de la force de ceux du Sud. Un peu comme les printemps arabes ont précipités les mouvements d’indignation et d’occupation en Europe et en Amérique du Nord, il est aujourd’hui temps que le Nord reçoive le FSM pour profiter à son tour de son énergie transformatrice. À ce titre, les récentes mobilisations des étudiantes, d’Occupons Montréal, de casseroles et tout dernièrement des peuples autochtones autour du slogan Idle No More nous conduisent à penser qu’ici aussi, nous sommes aujourd’hui prêts à passer du stade de l’opposition à celui de la proposition.

Nous avons besoin d’un événement de grande envergure pour provoquer les convergences nécessaires à une véritable insurrection des consciences, pour que le rejet de l’apathie et la volonté d’en finir avec l’oligarchie et le néoconservatisme prennent le dessus. C’est au coeur de l’empire néoconservateur qu’il faut désormais organiser un FSM et le faire dans un esprit de convergence et de complémentarité avec l’ensemble des initiatives progressistes qui émergent actuellement partout sur la planète.

Dans le but de construire des alternatives réelles à la crise de civilisation qui nous ronge, il est aujourd’hui urgent de réunifier l’humanité autour d’une solidarité des peuples qui transcende tous les clivages. Car il est désormais clair qu’il n’y a plus d’un côté un monde développé et, de l’autre, un monde sous-développé. Il n’y a qu’un seul monde et il est mal-développé. lors que les inégalités sociales progressent partout, l’oligarchie mondiale tisse sont réseau d’influence et accroît son pouvoir. Nous sommes tous confrontés à un défi commun : conjuguer les impératifs de la justice sociale et de la justice environnementale en faisant le parti de la démocratie contre l’oligarchie.

Un Forum social mondial avec un ancrage au Québec au mois d’août 2015 contribuera fortement à cette dynamique du changement.

Un autre monde est nécessaire, ensemble il devient possible !

Collectif de facilitation
Initiative vers un FSM 2015 au Québec

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